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Qu'importe le statut de "musicien électronique" ?
Quelle place occupe le cinéma dans votre vie ?
Je ne suis pas un amateur classique et en dépit des réserves à l'encontre d'une industrie cinématographique ouvertement commerciale, je suis un grand fan de Hollywood. Il n'y a que là qu'ils arrivent à faire "bouger" quelque chose. Aucun autre endroit dans le monde ne rend toutes ces choses étonnantes possibles. Dès mon enfance, j'ai été influencé par les films hollywoodiens. J'ai pu voir "Star Wars", "Alien" ou "Blade Runner " à leur sortie. J'avais 17 ans! Et à chaque film, les limites du son et de l'image étaient repoussées. J'ai toujours aimé cela. Aujourd'hui, je vais peu au cinéma, mais je profite de mon "home cinema" dès que mon travail m'en laisse le temps.
Quels sont vos films favoris, et pourquoi ?
Je suis un grand fan de films de Science Fiction, mais aussi de comédies. John Hughes - par exemple - a écrit, à mon avis, une des comédies les plus belles, drôles et touchantes, "Plains, Trains & Automobiles".
Et puis j'ai vu tout ce qu'ont fait Steven Spielberg ou George Lucas. J'aime aussi "Contact", basé sur le roman de Carl Sagan. Aujourd'hui, j'attends un ou deux films, "Batman - The Dark Knight Rises" et "James Bond 23", bien sûr. "Inception" est un de mes films préférés aujourd'hui et j'espère vraiment qu'il n'y aura pas de partie 2 ! Ce film est pour moi aussi unique que "Blade Runner". Oh, ai-je oublié de mentionner celui-ci ? Une grosse erreur. "Blade Runner" est mon favori. Je le revois chaque année, c'est comme un rituel.
Quels sont vos réalisateurs favoris ?
Auparavant, j'ai aimé les œuvres de Sir Ridley Scott (devinez pourquoi?). Et aussi James Cameron, Roman Polanski et Luc Besson, bien sûr. Mais cela a changé un peu et pour moi les maîtres du cinéma moderne sont Christopher Nolan et son frère.
Quels sont vos compositeurs de BO favoris ?
J'ai toujours aimé les grands compositeurs Hollywoodiens, comme Elmer Bernstein, John Williams, Maurice Jarre, Jerry Goldsmith ou Ennio Morricone. Tous étaient non seulement capables d'écrire de la musique pour grands orchestres, mais ils ont aussi composé des mélodies aussi belles qu'inoubliables. Écrire un "hit" avec un orchestre est quelque chose de spécial. Dans les années 90, il y avait Mark Snow et ses compositions si remarquables pour "X-Files". J'ai beaucoup aimé cela. Et si je pense aux compositeurs des dernières années, il y a évidemment Hans Zimmer. Ses musiques sont de plus en plus "délicieuses". Ce sont de pures aventures pour les oreilles et elles gardent tout leur charme et leur puissance même indépendamment du film. "Inception" en est le parfait exemple. Ce que j'aime personnellement, c'est que cette musique est aussi très "électronique" ici ou là.
John Carpenter a souvent composé ses propres morceaux avec ses synthés. Peut-on dire qu’il soit un « compositeur de musique électronique » comme vous ? Par exemple, ses quelques notes de « Halloween » sont inoubliables pour des générations passées et à venir. Que pensez-vous de ces « tubes » ? Une chance, car ces notes sont associées à un film marquant ? Le rêve de tout compositeur d’être représenté à jamais par un film ?
Il est difficile d'avoir une opinion sur quelqu'un dont je ne sais pas grand'chose. J'ai toujours aimé qu'il écrive lui-même la musique de ses films. Cela a eu un charme particulier, et oui, parfois sa musique était géniale. Il a utilisé une instrumentation électronique. Sa musique a été "électronique". Mais je ne pense pas qu'il soit pour autant devenu ce qu'on appelle un "compositeur de musique électronique". Je crois aussi que ce n'était pas vraiment important pour lui. Il avait une vision. Non seulement pour ses films, mais aussi pour la musique. Alors pourquoi demander à d'autres personnes si vous pouvez le faire tout seul ? Il est un cinéaste et un compositeur. Qui se soucie du statut de "musicien électronique" ?
Y-a-t'il des films que vous détestez, et d'autres que vous avez honte d’aimer ?
Il existe des films que je déteste, en particulier les films "gore". Ces films sont terribles et inhumains, et je ne comprendrai jamais comment les gens peuvent y trouver un quelconque plaisir. Mais pour ma part, j'avoue aussi aimer "Star Trek", "Scrubs", "How I Met Your Mother" ... et "Bob l'éponge" ! Vraiment ;-).
Êtes-vous influencé par des films comme vous avez pu l’être, dernièrement, par des livres ? (ex. « O Memorial Do Covento », de José Saramago, qui a donné « Das Memorial », ou, auparavant, « Der Schwarm » de Franck Schätzing, qui a donné « Beyond The Deep »)..
Non. Je suis davantage influencé par les romans que j'ai lus, ou par des sculptures, ou ce que je vois à la télévision, et, bien sûr, par des peintures. Les films peuvent m'influencer, mais plutôt par la façon dont ils sont faits. Je veux dire la manière dont certaines scènes particulières sont filmées, ou comment ils sont montés et présentés (en accéléré ou au ralenti, par exemple). J'aime "l'autre perspective", "l'autre vue" sur quelque chose. Cela stimule ma fantaisie et ma créativité. Je suis très visuel. J'aime les images folles, ou, tout au moins, tout ce qui me permet de voir le monde sous un autre angle. C'est ce qui rend ma vie si passionnante. Je suis heureux si je peux voir quelque chose de nouveau ou de spécial.
Aussi difficile que cela puisse être à définir, en quoi, selon vous, la musique est-elle si importante dans un film ?
Le silence est parfois la meilleure musique ! Et pour être honnête, je pense qu'il y a parfois trop de musique dans les films. Il ya des scènes où la musique détruit l'ambiance. La musique n'est pas utile tout le temps dans un film. Le silence est aussi une façon d'exprimer quelque chose. D e nos 5 sens, les plus utilisés sont la vue et l'ouïe. Les premiers films n'avaient pas de son. Ils étaient muets. Un anachronisme, pour le moins. Et les gens ont rapidement reconnu qu'il manquait quelque chose. Alors ils ont ajouté la musique, d'abord. La musique de film est apparue avant la parole. C'est vraiment étonnant. Les gens voulaient entendre quelque chose et depuis la musique est utilisée au cinéma pour renforcer, accompagner et soutenir les émotions des visiteurs. Il n'y a vraiment aucune raison de se passer d'elle.
Quel est le film dont vous auriez aimé composer la musique ?
Eh bien, je voudrais commencer avec des projets modestes, ou expérimentaux. Vraiment. Je veux dire, faire un blockbuster, c'est autre chose et ce n'est vraiment pas mal, évidemment. Mais pour être réaliste, il faut y être vraiment préparé, et donc commencer par quelques petits films de qualité.
Avez-vous déjà été contacté pour composer une musique de film ?
Non, jamais encore. C'est une nouvelle dimension pour moi, qui est apparue avec "Celestial Movements", où j'ai commencé à penser davantage à du contenu visuel, à de l'image. Et puis il y a eu autre moment initial, un déclic. Avant mon concert à Paris (2009), j'ai été interviewé et filmé par le vidéaste Julien Perrin. Il a travaillé sur une série documentaire, interrogeant des musiciens sur leurs premières révélations musicales et l'importance qu'elles ont encore aujourd'hui dans leur vie. J'ai vraiment beaucoup aimé. Alors oui, le film est mon truc.
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J'essaie de composer une musique qui ait du sens.
Vous aimez les documentaires scientifiques. Pensez-vous pouvoir composer pour ce genre ?
Bien sûr. Pourquoi pas ? J'aime les documentaires de la BBC. Ce sont les meilleurs du monde. Donc, je voudrais faire quelque chose pour eux. Principalement quelque chose pour un documentaire sur le temps et l'espace, ou sur le CERN...
Quel serait, selon vous, le « plus » que votre musique apporterait à un film ?
C'est difficile de répondre à cette question. Le résultat devrait être un compromis. Un peu d'ego, mais pas trop, donc pas de "muzack", pas de musique "fonctionnelle". L'image est au centre. Tout le reste est autour d'elle et la musique doit la respecter, l'accompagner avec efficacité et discrétion pour la servir au mieux. Mais bien sûr, il serait agréable de se faire reconnaître musicalement, d'avoir comme une signature acoustique.
Vous aimez l’idée d’album-concept. Diriez-vous qu’il s’agit d’un scénario ? Je pense par exemple à ce qu’a fait François Bréant, composant « Sons Optiques » comme la bande-son d’un film imaginaire.
Eh bien, parlons un peu de mon propre travail maintenant. Avec mon dernier album, "Antimatter", j'ai écrit aujourd'hui le 3ème volet de ma "Trilogie de l'Univers". Ce qui avait commencé avec "Celestial Movements" (sur les étoiles et l'espace), qui a continué avec "Beyond The Deep" (un voyage aux sources de nos vies), va maintenant trouver une fin et mais aussi un début, parce que "Antimatter" est la musique du "big bang dans un laboratoire." C'est du moins la recherche du sens de notre existence. Nous semblons tourner dans un cercle sans fin. Donc, ce serait un grand thème pour un film aussi bien que pour un spectacle sur scène.
Vous est-il arrivé de quitter un film pour vous précipiter dans votre studio et y rejouer la musique ? Ou une autre que ces images vous avaient inspirée ?
Non, pas directement. Ce serait trop dangereux pour moi. C'est toujours la même chose quand j'écoute d'autres musiques. Je ne le fais pas, surtout si je suis en train de composer. Le risque d'être influencé est trop élevé. Généralement, ce ne sont pas les films eux-mêmes qui m'influencent, mais bien plus la manière dont ils sont produits. Par exemple, je suis impressionné par la façon dont certains films sont montés, comment sont composées certaines scènes, comment le temps peut être inversé. Le cinéma est un autre type de langage que j'essaye de comprendre et que je tente d'intégrer dans ma musique. "Tsunami", un titre de mon album "Beyond The Deep", en est un bon exemple. Il y a des ruptures, des pauses, des changements d'images acoustiques, etc. Comme différentes scènes peintes sur un seul mur. Beaucoup de films vont dans ce sens et en prendre conscience fut une véritable révélation pour moi. Regardez "Prestige", de Chris Nolan, et vous comprendrez ce que je veux dire. L'histoire dans l'histoire. C'est ce que je veux raconter et ce que je fais.
Votre musique est de plus en plus symphonique. Pensez-vous qu’elle soit, aussi, de plus en plus cinématographique ?
C'est la direction que je veux prendre, pour le moment, en tout cas. Il y a tant de choses à apprendre et à découvrir maintenant. J'apprécie d'interpréter ma musique dans un style symphonique et cinématographique. Cela m'ouvre de nouvelles portes et possibilités musicales. Faire qu'un orchestre sonne "électronique" est une approche très agréable pour moi. Ma musique a toujours été large et ouverte. Jamais minimaliste, étriquée. J'ai toujours aimé un gros son, épique. Maintenant, je suis assez honnête pour me permettre de jouer de la musique épique avec autre chose que simplement des synthétiseurs. J'espère qu'un jour viendra, où je pourrai travailler avec un véritable orchestre. Cela pourrait être passionnant...
Quand j'ai commencé à enregistrer "Celestial Movements", j'ai travaillé pour la première fois avec des images concrètes en tête. À l'exception de "Outlines", où j'avais composé pour une pièce de théâtre, la plupart de ma musique reflète mon humeur du moment, elle est spontanée et improvisée. Je laisse les machines tourner et j'enregistre. Cela a complètement changé. Je me sens plus inspiré que jamais et aujourd'hui, je sais à quel point je me suis contraint pour être créatif par le passé. J'ai toujours eu les mêmes schémas en tête et je m'y suis tenu par crainte que le public n'aime pas ce que j'aurais pu faire d'autre. Une grosse erreur. Mais c'est le passé. Je fais de la musique pour des films imaginaires. J'en ai toujours un en tête quand je compose un nouvel album.
La musique de film dans les blockbusters américains est souvent jouée par des orchestres classiques en studio. Pensez-vous que la musique électronique peut se substituer à ces orchestrations ?
Je suis sûr que les instruments virtuels y sont utilisés. Mais la qualité sonore est si bonne que seuls les musiciens formés et attentifs sont vraiment en mesure d'entendre la différence. Mais c'est quand il est possible de combiner les deux mondes que l'on obtient l'effet le plus impressionnant. Hans Zimmer l'a fait avec brio pour "Inception". Il a utilisé des synthétiseurs ainsi que de vrais cuivres et ensembles à cordes. Si j'écoute cette musique, il m'est souvent difficile de faire la différence. Peut-être cela se sent-il dans la dynamique des sons joués. La plage dynamique d'un vrai tambour ou d'un cuivre est imbattable.
Le violon, par exemple, est un instrument de choix pour tirer des larmes au spectateur lors d’une scène. Comment procéder avec « l’électronique » ?
L'utilisation des sons de synthétiseurs est toujours une sorte d'imitation. Parfois proche, parfois éloigné de l'original, ce qui peut aussi donner un bon résultat, bien sûr. À quel point un son peut être proche de l'original ne dépend pas uniquement de la source sonore utilisée (aujourd'hui des samples, la plupart du temps), cela dépend aussi de comment il est interprété et joué. Le résultat acoustique dépend aussi des possibilités techniques. Jusqu'à quel point et, surtout, jusqu'à quelle "profondeur" pouvez-vous contrôler ce son ? Ce qui signifie : à quel point êtes-vous capable de vous exprimer dans un son ? De la façon dont vous jouez dépend en grande partie le résultat final. Un son parfait ne signifie rien, si il est mal joué. Donc, il s'agit encore une fois de ce qui de notre émotion, de notre humanité, s'exprime dans la musique. Exprimer la tristesse si vous n'êtes pas capable d'imaginer ce sentiment (sauf si vous êtes vraiment triste à ce moment-là) est une chose difficile. Seuls les meilleurs peuvent le faire. Comme un bon acteur qui peut pleurer sur un claquement de doigt du réalisateur.
Il y a aussi autre chose à considérer. Nous sommes tous contrôlés par des modèles émotionnels. L'écoute d'un violon solo nous rend triste, quand viennent les tambours militaires nous voici prêts à nous battre, etc. Un bon compositeur de musique de film le sait. Un meilleur essaie de contrer ces mécanismes. Un bon exemple en est une scène dans "Blade Runner". Vous savez, le moment où cette femme Nexus 6, Zhora, est abattue et qu'elle tombe, au ralenti, à travers des vitrines qu'elle brise dans sa chute. La musique n'est ni agressive ni rapide. Le thème "Blade Runner Blues" correspond parfaitement à cette scène.
Aujourd'hui j'utilise les deux, les synthétiseurs et les VSTs, pour créer mes sons. Je les combine et les superpose parfois. Je cherche simplement le son que je veux pour tel ou tel moment musical et peut m'importe d'où il vient.
Dans les années 80 bcp de B.O provenaient de musiques dites « électronique ». Tout le monde adorait çà, comme Moroder avec « Midnight Express », ou des choses moins commerciales comme Davenport dans son film « Xtro ». Aujourd’hui, ces bandes originales ont un côté « vieillot » limite qualifiable de « ringard, archi typée 80 » tandis que les instrumentations classiques traversent le temps. Pourquoi ?
À la fin des années 80, il était évident pour chacun que les synthétiseurs étaient la vraie alternative aux coûteux orchestres et musiciens. Les synthétiseurs sont devenus moins chers, plus polyvalents, et il était possible de produire rapidement et massivement toutes sortes de sons pour toutes sortes de films. Cela a épargné de l'argent aux studios et aux producteurs. C'était aussi l'époque des "blockbusters", ces films pour les masses du monde entier. Les musiques ont été exportées avec eux et il est clair pour moi que beaucoup sont devenues des succès. Tout était nouveau. Les effets spéciaux comme les sons. La difficulté était d'entrer dans ce monde nouveau. Seuls quelques rares compositeurs ont réussi à y trouver le "Saint Graal".
Tout le monde se lance dans cette musique, car les appareils sont moins chers, on télécharge des applications pour « faire des sons ». Tout le monde se dit « compositeur ». Vous en pensez quoi ?
Je pense qu'un compositeur se définit lui-même par ses compositions et non pas par les outils qu'il utilise. C'est vrai que la constitution d'un studio d'enregistrement DAW est une chose simple aujourd'hui. Et de même qu'hier tout le monde utilisait les mêmes synthétiseurs, aujourd'hui tout le monde utilise les mêmes plug-ins pour "faire du son". Est-ce un problème ? À mon avis, seulement si vous n'avez pas d'idées de que faire avec tout cela. Les possibilités offertes aujourd'hui sont énormes. Un exemple : mon dernier album solo, "Antimatter", a été enregistré et produit complètement sur une DAW. Cela signifie qu'il y avait jusqu'à 70 pistes audio et MIDI à mixer, à égaliser, etc. jusqu'à la compression et la masterisation finale. Tout cela est possible avec une qualité audio parfaite aujourd'hui. Auparavant, vous auriez eu besoin d'une immense console et d'un studio gigantesque. Au moins est-ce une solution salvatrice pour des musiciens au budget modeste. Bien sûr, vous pouvez discuter sans fin sur les avantages et les inconvénients de telles solutions. Mais pour moi, c'est une chance. Donc, si beaucoup de gens utilisent cette solution, il n'y a absolument rien à y redire ni de jugement à porter. Je ne m'en soucie pas. Ainsi qu'il en a toujours été, c'est le résultat musical qui importe, et non la façon dont on y parvient.
Ceci dit, je pense que beaucoup de gens sont comme contrôlés par l'équipement qu'ils utilisent. Ils se définissent par cela et pas seulement par leur travail. Mais c'est plutôt un problème pour leur ego et l'image d'eux-mêmes qu'ils aimeraient avoir.
Comment vous situez-vous aujourd’hui ? Les films intégrants beaucoup de morceaux venant de « jeunes » qui cartonnent avec des tubes electro repris ensuite en boîte de nuit ou dans les soirées branchées. Ce sont souvent des loops qui n’en finissent plus, des rythmes qui se répètent sans cesse. Les gens dansent et sont heureux. Aimeriez-vous composer des tubes, des morceaux plus formatés ? Aimeriez-vous que les gens dansent en écoutant certaines de vos œuvres ? Ou alors ce n’est pas du tout votre tasse de thé ?
En général, j'essaie de produire de la musique avec un "sens". J'essaie de créer quelque chose de spécial et unique avec chaque titre. Une conséquence est que ma musique n'aura jamais sa place dans une discothèque ou un club. Cela m'est égal. Si d'autres veulent créer des "sons sans fin" pour la consommation facile, libre à eux. Mais ce n'est pas une option pour moi. Un "hit" est pour le moins quelque chose d'incontrôlable. Vous pouvez produire des titres, vous pouvez rester derrière eux, mais combien de bons titres sont là, partout, qui n'ont jamais été ou ne deviendront jamais un "hit" ? Donc je ne fais rien dans ce sens. Bien sûr, ma vie serait plus simple si je faisais un "hit", mais cela ne dépend pas de moi. Il serait cependant arrogant de dire que la musique pour les masses est une chose inutile. Nous avons tous besoin de moments de pur divertissement (ce qui ferme la boucle et nous ramène à Hollywood). Juste pour le plaisir. Nous deviendrions fous si nous n'avions pas ce genre de "soupapes" ... Et si quelqu'un danse vraiment sur ma musique, s'il vous plaît, montrez-moi la vidéo ! C'est quelque chose que je voudrais vraiment voir ;-).
Questions et traduction : M. Le Stum / James L. Frachon / Olivier Bégué |
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