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.Interview de Bernd Kistenmacher In English please !
 
     
 
celestial movements





© B.K.

Bordeaux / Berlin : 16/12/2008 - Questions et traduction : M. Le Stum
 
Nous nous sommes rencontrés à Berlin. J'écoute sa musique depuis... si longtemps déjà... Alors, découvrir enfin le musicien et avoir ainsi la confirmation de ce que j'imaginais, à savoir combien cet homme est sensible, touchant même... Bref, de retour dans la vie de tous les jours, et pour à la fois entretenir ce sentiment et le faire partager, j'ai décidé de faire une interview. Bon, c'est la toute première fois que je fais cela, aussi, vous qui lisez ce texte, soyez indulgents pour la naïveté, parfois, de mes questions. Je ne suis rien d'autre qu'un fan...
 
Je veux garder en vie la musique électronique telle que je l'aime

 
Michel : Je sais bien que tout peut être lu en détails dans votre blog, mais pouvez-vous cependant vous présentez ici en quelques mots ?
 
Bernd : Depuis le tout début des années 70, je suis un fan de musique électronique. D'abord Kraftwerk et Pink Floyd, puis tout ce qui pouvait être appelé Krautrock, la Berlin School aussi, bien sûr, mais également Jarre et le maître lui-même: Vangelis. Tous m'ont influencé et conduit à prendre la décision de faire moi aussi de la musique électronique. Et j'ai commencé début 80. De nombreux CD, des concerts et même trois labels de musique électronique ont suivi. Et me voici aujourd'hui...

M. : Quand nous nous sommes rencontrés à Berlin, et avant de partir vers ce (très bon !) restaurant que vous aviez gentiment réservé, vous avez décrit avec passion le quartier dans lequel nous étions, son histoire. Vivre à Berlin est-il important pour vous, ou pourriez-vous vivre ailleurs ? Je demande cela car, à l'écoute de Un Viaggio attraverso l'Italia, j'ai le sentiment que les villes que vous avez découvertes lors de la préparation de ce disque ont eu une influence sur votre musique.
 
Bernd : Franchement, je peux très bien m'imaginer vivant ailleurs qu'à Berlin. Cela fait trop longtemps que j'y vis et aujourd'hui la ville me semble plus fatigante qu'agréable. En ce moment, je préfèrerais être à nouveau "sur la route", à la découverte d'autres pays, d'autres cultures et d'autres gens. Il y a tant de choses à découvrir et j'ai vraiment le sentiment que le temps file trop vite. Je crois aussi que plus vous découvrez et plus vous pouvez transmettre. Vous avez plus de choses à dire, y compris musicalement. Cela nous influence profondément. À mon sens il est important de le faire.

M. : Quelles sont vos principales influences musicales ? Et qu'écoutez-vous aujourd'hui ? Où préférez-vous ne chercher qu'en vous, en vous préservant? Et, quand quelque chose vous séduit, j'imagine que c'est d'avantage le son lui-même que la chanson, ou la mode. Ai-je raison ?
 
Bernd : Ce n'est pas facile de répondre. Bien sûr, l'influence prépondérante est venue de Klaus Schulze. Sa musique m'a profondément touché et cela m'a décidé à devenir musicien moi aussi. Mirage et Moondawn resteront toujours mes favoris. Mais aujourd'hui je suis bien davantage attiré par une musique fervente, contemplative même. Je joue de plus en plus de piano. Les influences aujourd'hui sont plutôt techniques que musicales. J'entends par là les techniques d'enregistrement, etc. Le plus souvent ce que l'on entend aujourd'hui m'ennuie. Mais parfois j'écoute des musiciens indépendants, comme Ian Brown, Muggs, ou Mutemath par exemple.

M. : Vous avez créé et dirigé trois labels. Était-ce pour tout contrôler autour de votre musique ? Je sais (et permettez-moi de dire que je le regrette, pour moi, très égoïstement, mais aussi pour tous vos fans) que cela ne s'est pas toujours bien passé. Maintenant, vous utilisez MySpace, votre blog ou encore YouTube pour promouvoir votre musique. Mais quelles formes pensez-vous que la promotion musicale prendra dans le futur ? Et, si l'on vous proposait à nouveau de participer à la création d'un label, seriez-vous tenté?
 
Bernd : Pour commencer par ta dernière question: non, assurément non. Je ne le referai jamais. En fait, il y avait trois idées derrière cette décision de créer mon propre label de musique électronique (au cours des années : Timeless Sounds, Musique Intemporelle et enfin MIRecords). La première idée était de m'assurer une base économique plus large. La seconde prenait en compte le fait que vous pouvez avoir plus importance et d'influence sur le marché quand ce n'est pas vous-mêmes que vous défendez. Il était donc essentiel pour moi de jouer la diversité. La dernière raison était plus émotionnelle. Je voulais garder en vie la musique électronique telle que je l'aime. Mais rien ne s'est passé aussi bien que je le souhaitais. Parfois du fait de ma trop grande naïveté, parfois parce que le marché était vraiment trop difficile.

M. : Par le passé vous avez collaboré avec d'autres musiciens ainsi qu'avec des amis. De qui est venue l'idée et aimeriez-vous encore aujourd'hui jouer avec d'autres musiciens ? Et qui ?
 
Bernd : Eh bien, les artistes dont j'ai assuré la production n'étaient pas les mêmes que ceux avec qui j'ai joué. Je les ai produits parce que je les considérais comme bons, ou talentueux dans leur style. Et je pensais que cela pouvait évoluer, se développer. Les artistes que j'ai conviés à travailler avec moi c'est différent, c'était pour d'autres raisons, plus musicales. Comme avec Harald Grosskopf par exemple. J'ai toujours beaucoup aimé la combinaison électronique et batterie, sur scène. Nous avons fait ensemble quelques concerts et CD et quand j'y repense je dois reconnaître que ça fonctionnait vraiment bien ! Aujourd'hui je voudrais avoir plus de percussions et de chœurs sur scène, pour avoir un "gros" son...

M. : Je pense à ce que votre "grand frère" Klaus Schulze fait aujourd'hui avec Lisa Gerrard. Avez-vous déjà eu l'envie de jouer avec un chanteur ?
 
Bernd : Je n'ai aucune expérience dans ce sens. Mais bien sûr c'est un défi que j'aimerais tenter.

M. : Où aimeriez-vous jouer ? Quelle est l'ambiance idéale pour votre musique ?
 
Bernd : J'ai toujours aimé jouer dans de grandes salles, comme une église ou un grand théâtre par exemple. J'aime les salles ayant un petit quelque chose de magique. J'aime ce côté "classique" du concert, avec un public assis qui ne fait rien d'autre qu'écouter votre musique. Concentration et contemplation. Voilà ce que j'aime. Je n'aime pas trop les festivals, car l'ambiance y est trop agitée pour moi. Mais, comme je l'ai dit, tout est un défi.

M. : Quel fut votre concert favori et pourquoi ? Quel sentiment y avez-vous ressenti que vous aimeriez connaître à nouveau ?
 
Bernd : Malgré ma réponse précédente, c'était bien lors d'un festival ! À Dreden, en 1989, au festival “Electronics Live”. Tant de choses se présentaient à moi pour le première fois... La première fois avec le GDR. La première rencontre avec Klaus Schulze, qui était l'artiste principal de la soirée. Et mon premier concert devant 6 800 personnes ! Vraiment excitant. Bien sûr, j'avais déjà donné des concerts diffusés en Allemagne, 3 autres au bénéfice du Planetarium de Berlin, un concert au "Flanders Festival" en Belgique, etc., mais Dreden fut vraiment le plus important et le plus impressionnant.

M. : Quelle est la place de la musique dans votre vie au quotidien ?
 
Bernd : Ma réponse peut paraître un peu étrange, mais la musique m'aide à survivre. La musique m'aide à me tenir debout. Sans musique je serais vide.

M. : Découvrez-vous votre influence dans des musiques que vous entendez aujourd'hui ? Pensez-vous que, à présent que "la Porte de la Perception a été ouverte" (par KS et quelques autres) vous avez vous aussi montré d'autres voies, d'autres directions, d'autres ouvertures ?
 
Bernd : Tu devrais poser la question à ceux qui écoutent ma musique. Parfois les réactions que je reçois sont que je joue la musique électronique style Berlin School selon ma propre interprétation. Ce qui n'est pas si mal car j'ai toujours pensé que l'on peut dire bien plus en s'exprimant grâce à ce style qu'en le copiant. Mais, bien sûr, je veux dire bien plus ça, musicalement parlant. Durant un temps je me suis même permis de me laisser influencer par des formes de musiques plus modernes. Disons une Berlin School en habits neufs. Mais c'était juste un passage. À présent je suis intéressé par des structures plus classiques.

M. : Nous savons tous (et le voulons !) que vous souhaitez faire un Starting Again. Nous savons que vous êtes déjà prêt. De quoi êtes-vous le plus inquiet ? Je pense, bien sûr, à cette vague nostalgique que nous subissons aujourd'hui. Ne craignez-vous pas d'ennuyer le public ? Ou qu'il soit trop tard ? Êtes-vous étonné vous-mêmes de ce que vous faites et pensez-vous que le public pourrait l'être lui aussi ? Ne craignez-vous pas - excusez-moi - de vous copier vous-mêmes ?
 
Bernd : Ce sont des questions qu'un artiste ne devrait jamais se poser. Un trop grand manque de confiance en soi est vraiment un obstacle radical à qui veut être créatif. Mais je comprends bien ce que tu veux dire. La décision de créer une musique nouvelle n'a jamais été facile, et ne le sera jamais. Tout peut se passer très bien, ou très mal. Il est impossible d'avoir une quelconque influence réelle sur le public. Donc on y va, ou pas. Les risques sont constants. Ce qu'il faut c'est se poser la question à soi-même de savoir si jouer nous fait nous sentir mieux ou non. Je me sens vraiment mieux quand je joue. Donc... Ensuite, c'est le destin...

M. : Après avoir produits tant de CD, puis cessé de composer durant un moment, trouvez-vous facile de composer, de jouer, de trouver de nouveaux sons ?
 
Bernd : Non, et cela ne l'a jamais été. Parfois je me laisse emporter et je joue ce que j'aime. Mais jouer quelque chose et l'enregistrer aussitôt sur CD serait trop facile pour moi. J'essaie de saisir l'idée principale d'un "titre ", je pense beaucoup à ce qu'il signifie. J'essaie aujourd'hui de me concentrer et ne ferai plus ce que certains appelaient “endless noodling”.

M. : Vous avez parfois utilisé des samples. Quelle influence cela a-t-il eu sur votre travail et le faites-vous toujours, et comment ?
 
Bernd : J'utilise des samples, c'est vrai. Mais je ne suis pas du genre "maniaque d'échantillonnage", parcourant la nature le casque sur les oreilles et bardé de micros, à la recherche du son unique, inédit. Les banques de sons disponibles aujourd'hui sont si parfaites qu'il me serait tout à fait impossible d'en créer de meilleures versions. Les sons de piano par exemple. Seul un vrai piano est plus "original". Mais combien existe-il de pianos au son parfaitement unique ? Tous les bons instruments sonnent différemment les uns des autres. Je veux faire de la musique et j'utilise des sons. J'essaie de trouver celui qui correspond à ce que je ressens au moment où je joue. Le seul souhait que j'ai parfois est de revenir aux vieux sons originaux. Par exemple celui des vieux synthés de cordes. Ils n'ont bien sûr jamais sonné comme de vrais orchestres. Comment l'auraient-ils pu ? Mais en les écoutant on ressent une impression particulière, comme si l'on imaginait le son d'un orchestre. Là est tout leur charme et là est toujours un des charmes de cette musique électronique originelle que nous aimons encore aujourd'hui. Ces sonorités stimulaient notre imagination bien plus que ne le font ces copies parfaites dont on dispose maintenant. Je voudrais faire revivre certains de ces sons fantastiques.

M. : Est-ce l'instrument que vous utilisez qui "dirige" votre musique, ou est-ce plutôt la musique que vous jouez qui décide de quel instrument vous devez jouer ?
 
Bernd : Tu pourrais remplacer "instrument" par "son". Parfois une idée m'est suggérée par un son et parfois l'idée est là et je dois chercher le son qui lui correspond jusqu'à ce que je trouve l'accord parfait entre les deux. Ma façon de créer se passe dans les deux sens.

M. : Je sais bien que c'est encore une question "classique", mais quel instrumentation utilisez-vous aujourd'hui ?
 
Bernd : Hum... je n'aime pas trop parler de mes instruments parce qu'ils changent souvent et qu'en fait ce sont seulement des outils, bien que parfois magnifiques il est vrai. Bien sûr, j'utilise des Roland ainsi qu'un vieil orgue Yamaha, ou un Moog Voyager par exemple. Le petit dernier est un GenoQs Octopus sequencer. Une machine incroyable... Mentionner ces noms ne m'est possible que parce que je n'ai aucun accord avec ces compagnies. Crois-moi, il n'y a aucun intérêt commercial mais simplement une affection toute particulière pour quelques outils favoris...
 


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Je suis heureux de voir que la Musique Électronique s'est éveillée à nouveau

 
M. : Permettez-moi une question toute personnelle... Je suis très curieux de savoir en quoi le fait d'utiliser l'Octopus vous aide aujourd'hui et de quelle manière il agit sur votre façon de composer.
 
Bernd : C'est une question très technique et je ne suis pas certain que cela va intéresser tous les lecteurs du Cosmiccagibi ! Mais, pour faire court, l'Octopus est un nouveau sequenceur, développé il y a à peu près deux ans déjà par les allemands Gabriel Seher et Marcel Achim. Tous deux sont également les dirigeants de GenoQs, la compagnie qui vend cette machine. Le sequenceur est très difficile à comprendre au premier abord, mais si on se plonge vraiment dans son utilisation on découvre ce qui est sans doute aujourd'hui à la fois le plus complexe et le plus ouvert des instruments. On pourrait le décrire comme un sequenceur hardware mais dont le cœur est un logiciel offrant d'incroyables possibilités. Une fois les bases assimilées, on peut commencer à en jouer et créer alors des structures passionnantes pour n'importe quel synthétiseur pouvant être commandé en MIDI. Après des années durant lesquelles j'ai joué avec des sequenceurs logiciels je souhaitais revenir à mes racines et j'ai essayé nombre des solutions harwares disponibles aujourd'hui. Je ne voulais pas une copie d'un sequenceur type Moog ou ARP, mais cherchais quelque chose de nouveau et d'intéressant. J'ai découvert l'Octopus. Une vraie beauté, à un prix conséquent. Vraiment très sophistiqué.

[> pour en savoir plus sur ce que Bernd Kistenmacher pense de l'Octopus : http://bernd-kistenmacher.blogspot.com/2008/10/octopus-experience.html]

M. : Est-ce que les innovations techniques (logiciels, direct-to-disk, etc.) ont aidé à votre évolution musicale ? Vous ont-elles même simplifié la vie ?
 
Bernd : Je suis un fan absolu de toutes sortes de gadgets électroniques. Nous avons aujourd'hui à notre disposition des facilités dont on ne pouvait que rêver il y a encore 10 ou 20 ans. Pense au téléphone mobile par exemple, c'est de la pure science-fiction ! Même chose avec l'enregistrement sur disque dur ou les logiciels de synthèse sonore. Le standard de l'enregistrement chez soi est à présent d'une qualité qui n'était par le passé disponible que dans les plus gros studios "dernier-cri". Une bonne musique aujourd'hui ne dépend pas des possibilités techniques, mais ces techniques modernes permettent cependant de se consacrer encore davantage à la composition. C'est une avancée très positive.

M. : À propos, pourquoi avoir choisi la lutherie électronique ? À mon sens, l'important c'est la musique, quelque soit le type d'instrument utilisé. Avez-vous déjà essayé d'autres instruments ?
 
Bernd : Étant gamin j'ai commencé à jouer du piano. Mon père en jouait lui aussi. Et j'ai toujours aimé jouer d'un clavier. Peut-être que jouer de la guitare aurait été plus "sexy", mais c'est ça que j'aime. Jouer d'autres instruments ne me sert qu'à chercher les sons que je pourrai ensuite jouer aux claviers ou sur des synthés.

M. : Quand nous nous sommes rencontrés, vous nous avez dit être en train de réorganiser votre studio. Quel(s) instrument(s) aviez-vous qui vous manque(nt) le plus aujoud'hui, et pourquoi ?
 
Bernd : Il y a quelques années, je suis passé au numérique car cela me permettait bien plus de possibilités pour un budget plus modeste. Tout peut être sauvegardé et on a de bien meilleures options de contrôle du son, comme le total-recall par exemple. Et puis j'ai toujours détesté tous ces problèmes de ronflette, de souffle, etc. durant les enregistrements. Le matériel que j'avais était trop ancien et devait être changé. Ce fut assurément une bonne décision.

M. : Que pensez-vous de la Musique Électronique actuelle ?
 
Bernd : Je suis heureux de voir que la Musique Électronique (je veux dire ce qui n'est pas techno ou electro) s'est éveillée à nouveau et semble très en forme ! De plus elle est devenue plus internationale que jamais. Grâce à MySpace ou YouTube, on peut voir des gens du monde entier qui font cette musique. Et puis des héros tels que Klaus Schulze ou Jean-Michel Jarre sont toujours actifs et connaissent à nouveau le succès. À mon sens, la fascination pour cette musique est même bien plus forte qu'elle ne l'a jamais été. En Allemagne comme aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en France ou dans d'autres pays, la Musique Électronique n'a jamais totalement disparu ces dernières années, elle était juste quelque peu en sommeil. Mais de nos jours nombreux sont ses fans jeunes ou vieux qui à la tête de labels ou de fanzines essaient de mettre le maximum d'énergie pour la rendre populaire à nouveau. Le seul problème est celui-là même qui s'est manifesté au tout début, lorsque la Musique Électronique a commencé à être en vogue. Je veux parler de son acceptation par les média officiels, comme la radio ou la TV. S'ils la programmaient comme ils le font pour la musique "pop", ces artistes deviendraient bien plus connus et célèbres qu'ils ne le sont aujourd'hui. Il n'y a pas de groupe de pression pour cette musique. C'est le problème majeur. Mais nombreux sont ceux qui cherchent à en créer un. Cela ne semble pas une mauvaise idée aujourd'hui.

M. : Êtes-vous croyant ? Je n'entends pas cela forcément dans un sens religieux, mais avez-vous un credo ? Je sais que vous dites qu'il faut savourer chaque jour comme il vient, car, vous avez raison bien sûr, il peut être le dernier. Mais appliquez-vous vraiment cela au quotidien, vous consacrant toujours à l'essentiel ?
 
Bernd : Ce jour peut être le dernier. Il faut essayer de le vivre au mieux. Il n'y a rien d'autre à dire.

M. : Quelles sont vos limites ?
 
Bernd : Mon imagination est ma plus grande limite, vraiment. Bien souvent j'ai bien trop d'idées ou d'envies et je me sens comme un enfant avec de grands yeux écarquillés. Parfois c'est un grand problème !

M. : Quand nous parlons de votre musique mes amis et moi, il revient toujours qu'elle est pour l'esprit (bien que certains titres soient irrésistiblement dansants !). Êtes-vous d'accord avec cela ? Y-a-t-il une émotion particulière que vous aimeriez parvenir à susciter ou à faire partager ?
 
Bernd : Trouver le bon titre pour une composition m'est parfois très difficile et souvent le résultat est plutôt la description d'un sentiment. Mais c'est ma façon de sentir les choses et je ne peux ni ne veux influencer celui qui m'écoute. Et d'ailleurs, comment le pourrais-je ? Si l'auditeur ressent la même émotion, alors tout se passe au mieux. Sinon, je n'y peux rien. Vouloir transmettre quelque chose laisse supposer que l'on puisse contrôler quelqu'un avec la musique. Le croire serait être dans l'erreur.

M. : Pensez-vous que l'on puisse croire en l'Art ? A-t-il selon vous une raison d'être aujourd'hui ?
 
Bernd : Je ne crois pas. L'Art peut me stimuler, positivement ou non. Ou il peut m'ennuyer. Mais il en est de même avec tous les aspects de la vie. Ils me touchent ou me laissent indifférent. C'est vraiment une question de sensibilité personnelle.

 

À la Bernard Pivot !

M. : Il y a quelques années, à la TV, Bernard Pivot présentait une émission littéraire, Bouillon de culture. À la fin, il posait à ses invités une série de 10 questions. J'ai toujours rêvé de les poser moi-même, car je les trouve très éclairantes. Cet interview est pour moi une occasion que je ne pouvais pas laisser passer !

Votre mot préféré ?
  Chèques (je plaisante)
 
Le mot que vous détestez ?
  Factures (je plaisante encore)
 
Votre drogue favorite ?
  J'aime bien des plaisirs... un bon vin rouge, un bon Whisky écossais, les bons cigares, un bon repas, ou encore courir 10 km pour tout laisser de côté (je ne plaisante pas !).
 
Le son, le bruit que vous aimez ?
  Celui d'une Aston Martin DBS au démarrage, ou celui d'une Harley Davidson (et c'est vraiment du son, pas du bruit !)
 
Le son, le bruit que vous détestez ?
  Celui de la ville.
 
Votre juron, gros mot ou blasphème favori ?
  Pas de commentaire...
 
En dehors du votre, le métier que vous auriez aimé faire ?
  Un métier c'est déjà bien assez !
  
Le métier que vous n'auriez pas aimé faire ?
  Tout ce que je ne fais pas ;-)
 
La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné ?
  Un aigle.
 
Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous, après votre mort, l'entendre vous dire ?
  Le Paradis existe. Je le sais pour m'être trouvé trop souvent bien près de "l'autre côté". Je souhaiterais qu'Il me renvoie dans ma vie mais avec les connaissances et l'expérience que j'ai acquises aujourd'hui.
 

 
Un nouveau CD ! Celestial Movements...

 
M. : Quels sont vos projets, mis à part venir nous voir à Bordeaux mes amis et moi et lever nos verres ensemble ?
 
Bernd : J'espère que nous le ferons bientôt, c'est sûr ! Et je suis aussi très heureux de vous annoncer la sortie prochaine de mon nouveau CD, Celestial Movements. Ce sera le 21 mars 2009, sous le label allemand MellowJet Records. Et puis une nouvelle récompense pour la Musique Électronique vient d'être créée en Allemagne. Son nom est Schallwelle. La cérémonie aura lieu à Dinslaken, également le 21 mars 2009, et je suis invité en tant que laudator pour la remise d'un des prix. Pour la première fois de ma vie je vais devoir faire un discours ! Et ce sera également pour moi une heureuse opportunité de parler de mon nouveau CD. Et tout le "gratin" de la Musique Électronique sera présent...
Enfin, j'espère être de retour sur scène l'an prochain. J'ai des contacts pour des concerts en Allemagne ainsi qu'en France, mais rien n'est encore décidé. Peut-être en saurai-je plus dans quelques semaines. J'espère avoir d'autres nouvelles à annoncer dans l'année qui vient et tout cela sera publié sur mon blog.

M. : Avez-vous un message personnel pour vos fans ?
 
Bernd : Tout d'abord, je veux les remercier pour la patience, le soutien, l'intérêt constant pour ma musique, et ce depuis de nombreuses années. J'espère tous les rencontrer un jour prochain lors d'un concert, ou sur internet, ou de quelque manière que ce soit. Et je souhaite à tous un délicieux Noël et une merveilleuse année 2009.

In love
 
Bernd Kistenmacher
Bernd Kistenmacher - discographie

© M.L.S.

Discographie complète de Bernd Kistenmacher

Head-Visions (1986)
Wake Up In The Sun (1987)
Kaleidoscope (1988)
Outlines (1989)
Characters (1991)
Live & Studio Tapes (1992)
Starting Again (1995)

Stadtgarten Live (1995)
Thoughts (1996)
Compiled Dreams (1997)
Contrasts Vol I (1998)
Contrasts Vol II (1999)
My Little Universe 8 CD-Box (1999)
Un Viaggio Attraverso L'Italia (2001)

 
 
   
 
     
   
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