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.MANUEL GÖTTSCHING
Je vous en avais parlé (cf news 48)... deux nouveautés de Manuel Göttsching : un DVD et un CD Live !
Ils sont disponibles depuis un petit bout de temps mais c'est moi qui ai du retard sur ce coup là...
CD "Live at Mt Fuji" (MG.ART 305)
Manuel Göttsching ne fait rien comme tout le monde.
Il est capable de passer avec Ashra "Live @Japan" de la musique électronique/rock et énergisante qui est formidablement boostée par ses amis de longue date Lutz Ulbritch et Harald Grosskopf, à une collaboration époustouflante avec K.Schulze (Friendship/Gin Rosé) où il officie en guitariste au touché mortel... pour aller nous servir un travail d'orfévre dans "Concert For Murnau" trés atmosphérique, décalé décadent d'une beautée blafarde. Puis capable de revenir seul jouer en exterieur pour son excellent "Die Mulde"... suivi d'une version superbe du cultissime "E2-E4" facon bandas Bolero...
C'est pour tout vous dire, une corne d'abondance à lui tout seul ce gars là. Un atome trés actif dans ce début de siècle alors que la fin du dernier lui doit tant !
Pas de répit pour ce pilier incontournable du Krautrock, de l'ambiant et de l'electro.
Manuel Göttsching ! Il suffit de taper son nom sur Google pour voir que bien des générations, des milieux, des styles musicaux le vénèrent !
C'est incroyable. Et le bonhomme est là, imperturbable derrière ses petits lorgnons, avec sa Strat nickel, son Apple et vas y que je te tisse une trâme, la séquence qui se câle parfaitement puis le petit phrasé de gratte qui va bien qui coule comme les conseils d'un vieux sage au coin du feu... résonnances qui se répondent, s'imbriquent, se chevauchent. Manuel ici nous fait partager un des ses récents concerts; il aurait pu le donner à Berlin, ou Paris non! C'est bien au pied du Mont Fujï que celui ci fut donné en 2006. En altitude, et en plein air. Un excellent son. Une bonne balance des graves et des mediums. Ça fait plaisir d'entendre du bon son !
Tout commence avec "Sunrain" que tout le monde connaît depuis "New Age of Earth", grand album de 1976. Démarrage du morceau sur le même ton légerement plus aigu, 30 ans plus tard Manuel s'amusera à rallonger le morceau et à lui faire prendre une direction déviante. Puis au deuxiéme morceau on retrouve un pièce trés récente puisque parue dans "Concert For Murnau": "Saint and Sinner", où en lieu et place du solo de violoncelle initial on retrouve une bonne guitare bien bluesy rappelant des aspects de Friendship ou encore un touché trés Gilmourien ou Claptonnien, si j'ose comparer. Le touché des Dieux. Un grain pur de guitare sans effets juste une légère reverb. Le morceau est touchant de fluidité. Energisant comme pas possible. Sparkling Blues ! Voici venir le morceau 3 que je me suis surpris à écouter en boucle 24/24. "Trunky Groove", péchu et complexe au premières écoutes. Beat un rien techno, une nappe s'étirant en arrière plan, des sonorités de ferrailles, on rentre d'emblée dans un groove linéaire où la rythmique compte pour beaucoup. Solos de claviers, trés justement posés, expressifs et clairs, sons de minimoog si familiers. Structurée comme si celà avait été réfléchi et composé à l'époque d'Ash Ra Temple, avec d'autres instruments. Je me replonge dans une ambiance trés "Join Inn" ou encore du tout premier ART. Ça fait chaud au coeur d'entendre utiliser les claviers de la sorte. Puis de nouveau des nappes, un brin futuriste kitsch, envollées soutenues par ce bon groove donnant à l'ensemble une dimension supérieure au morceau. Cerise sur le gâteau, la guitare électrique si pure de Manuel arrive aérienne et saturée façon heavy... hum quel pied !Il y a dans ce jeu un son trés Edgar Froese aussi. En beaucoup mieux maitrisé et fin. J'aime énormement ce morceau.
Abordant un belle partie de "Die Mulde" Manuel ici nous gratifie d'un grand morceau de cette belle pièce jouée il y a presque 10 ans déjà, lors d'une installation de 34 miroirs sur les collines de la campagne Allemande. Je trouve l'intro de cette version trés Dreamienne en fait. Cinématographique. Empreinte d'un lassitude douceureuse, d'un flegme aspirant à la réverie. Peut-être est ce dû aux sons des claviers employés. Puis les rythmes apparaissent et glissent lentement pendant prés de 20 minutes. Mariage encore réussi de la slide guitare imparrable de Maitre Manuel et de sa rythmique aux claviers unique.
Enfin le final nous renvoie 28 ans plus loin. L'album magique "Blackout" et le puissant "Shuttlecock". Ici la version 2006 est jouissive, je pése mes mots... Est il besoin encore de dire qu'une nouvelle fois Manuel nous prouve qu'il est un véritable dieu de la guitare. Uniques solos, effets sans précédents, puissance. Un pur plaisir jusqu'aux dernières notes qui sont alors relayées par un clavier évocateur, soutient parfait du tempo qui s'en va fuyant comme un train lancé à fond dans un desert de poussières galactiques.
En conclusion : un pur plaisir de voir l'aisance, le plaisir immense que semble prendre Manuel derrière ses instruments. Un vrai délice de musique électronique, trés contemporaine et si ancrée dans son propre passé. Rien de nostalgique, une génése, une suite logique. Un chemin qui est si joliment suivi. On a envie de le féliciter, de l'encourager de l'enlacer ! On a envie qu'il passe en concert en France. Voilà le mot est lâché !
On est trés contents que ce concert ait eu lieu au Mont Fuji, nous mesurons la passion qu'ont les Japonais pour le Krautrock, pour ces groupes et ces musiciens géniaux. Mais nous aussi allons tout faire pour que Manuel passe nous voir ici chez nous ! |