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.TIM BLAKE + TURZI : compte-rendu du concert de Tim Blake + Turzi au Lieu Unique à Nantes,
La nuit du vendredi 21 au Samedi 22 mars 2007
Here we go !
Le Lieu Unique de Nantes est l'ancienne usine de fabrication des biscuits LU. Les ateliers sont ainsi laissés tels quels, vides et seront donc mis à disposition de la culture dans son ensemble. Grandes salles de conférences, salle de cinéma et de concerts...
Le but était donc de se réunir sous la banière de la nuit 68 pour des rencontres et débats sur cette période charnière de notre socièté. Soirée clôturée par le concert. Nous n'avons pas eu l'occasion d'écouter la moindre conférence car bien vite nous sommes allés dans les entrailles du site, retrouver Tim, son assistante Martine et sa chienne Hi-Fi (Haute Fidélité), les quatre membres du groupe Reich IV et Romain Turzi.
Une belle collection de cannettes de bières sur une table basse encombrée. Du saucisson, du fromage et du pain.
On se saisi d'une canette pour être dans la couleur locale (accepter les coutumes locales est nécessaire dans toute prise de contact ...)
C'était parti pour une rencontre des plus intéressantes.
Grands connaisseurs de ce que le Rock a enfanté de mieux, nous allions une nouvelle fois revenir sur les fondamentaux. Quelle claque ! connaissant l'âge des membres de Turzi (entre 27 et 30 ans)... Mais ces gars en savent plus que Tim, Dominique et moi reunis.
Quelle analyse parfaite et objective, quel recul sur les groupes... Avoir pu digérer autant de disques, de courants musicaux, les aborder avec un vocabulaire aussi riche et fourni.... je fus littéralement bluffé.
Puis ce fut un moment d'une richesse inouie de les voir décider devant moi de leur Track-List (la liste des morceaux qu'ils allaient jouer sur scène). On sentait l'osmose parfaite d'un vieux groupe d'amis sûrs de leur choix communs... Et le plaisir non dissimulé de jouer encore une nouvelle fois ensemble. S'en suivit le remplissage de la fiche Sacem, ils connaissent leurs morceaux sur le bout des doigts. Le groupe existe depuis environ trois ans, l'album en a un et demi et ils m'avouèrent avoir fait déjà fait plus de 80 concerts !
Succession de palabres sur un AKS Synthi A récemment vendu sur Ebay. Tim vante les prouesses d'un des membre du groupe sur cet instrument... Tim nous avoue ne pas oser sortir et jouer du sien tant il a honte (humour anglais evidemment ! sachant que TIM EST l'un des pionniers à avoir joué de cet instrument dès le début des années 70). La conversation va tortueuse vers le Floyd et ses périodes, débat improbables, comparaisons, puis Klaus Schulze et le respect porté à ce maître. Ils sont tous fiers que Clovis Goux ait proposé leur album à l'écoute lors du Blind Test de Schulze dans le dernier Trax...
Puis ensuite Black Sabbath, ZZ TOP, The Who, du fromage, Van Morrisson, des 1664, Tangerine Dream, Manuel et A.R.T, Guru Guru, Neu !, Can, une bière ? , Revox, saucisson, Neil Young et son "Cortez The Killer ", le Roland Système 100, EMS... un vrai bon moment passionnant passé avec des passionnés. Je comprends mieux que leur musique puisse être si "mature".
Je rejoins Tim qui est seul sur la scéne et se defoule les doigts sur ses claviers, un casque bien enfoncé sur la tête. Il s'entraine au Theremin ... la scène est surréaliste.
Un condensé d'électronique sur scéne, du matériel splendide, enchevêtrement de câbles multicolores.
Tim seul au milieu de tout celà avec à ses pieds, quasiment sur lui, un immense écran de cinéma.
Derrière cet écran des centaines de spectateurs qui écoutent attentivement la conférence en cours.... et des images énormes sur la toile tendue. Lieux intimiste qui dans quelques temps sera dévoilé au public. Tim le lutin électronique se mouvoit dans une danse lascive et envoûtante, comme mû par une trance interne.
Il lève les yeux, me remarque, ébauche un sourire complice et replonge dans son autisme musical.
C'est donc lui qui va entâmer les hostilités... devant une salle bien fournie malgré l'heure avancée de la soirée (1 heure du mat) Tim nous amène dans son univers par le biais de "By a ... Dancing" couplé au trés bon "Tide of the century" tout en douceur allant grossissant, le theremin est à l'honneur sur "Lighthouse" le tube de sa collaboration dans la formation Hawkwind.
C'est à ce moment-là précis, pendant l'execution de Lighthouse que le groupe rejoint Tim pour reprendre avec lui le thème principal .
Ironie de la vie : Tim compose et joue Lighthouse en 1979 au sein de Hawkwind ... (fameux album Hawkwind Live Seventy Nine) alors que les gars de Turzi naissent en 1979...
La boucle est bouclée.
Ils arrivent sur scéne et épaulent Tim, leur "père musical" ... un symbole ... trés fort.
Le son s'étoffe de mille basses et de millier de formes d'ondes sonores, le flux musical grossit en tension, Tim se trouve hissé au sommet de cette masse musicale... le concert va alors prendre une autre tournure...
Le son vintage et "greasy" est là, typique de Turzi.
Les années 70 transpirent des amplis d'époque, la Fender Mustang de Romain Turzi hurle, la basse Welson d'Arthur "Rambo" gronde, la batterie nerveuse et scincopée tenue par Sylvestre roule comme on l'aime et pourrions l'imaginer si Pink Floyd (Nick Masson) avait copulé avec Jaki Liebezeit (Can) : Sylvestre serait leur enfant : un génie est parmi nous... Terrible tension palpable... tendue comme un arc.
S'enchaînent alors "Allah Delon" "Are you thinking about Jesus" "Alpes" "Animal Signal"... Tim est en trance, joue de la gestuelle, fait l'amour avec son Theremin, le fait hurler de plaisir dans des preliminaires trés sensuels. Jeux de doigts tantôt caressants tantôt perforants. La machine subit et exhale des râles de plaisir .
Le tableau de la scène est trés beau. Arthur le bassiste a le look pile poil d'un David Gilmour époque Animals: tournée 77, longs cheveux, barbe qui lui mange le visage. Ne lui manque plus que le T-Shirt avec le cochon... Les images diffusées sur l'écran géant sont bluffantes, répression policière, bataille de pavés, manifestation, concerts et happening de Soft Machine et du Pink Floyd en 1968... ambiance psychédelique à fond. Avec cette mise en plongée musicale de Turzi très actuelle mais aux réminiscences lourdes de cet héritage indéniable...
Romain frotte sa Fender Mustang avec un tournevis créant une ambiance suranée et planante, le tout relayé des claviers de Tim et du genial Juhda Warsky.
Nous sommes alors dans les séquences d'un Tangerine Dream furieux, les claviers se chevauchent, le séquenceur de Romain rugit, erructe et spasmodie ses relents analogiques... Heldon et Richard Pinhas plannent aussi sur la salle, fantômes blafards de ces années charnières si fertiles qui ressurgissent en une soirée par ce rassemblement de musiciens hors normes. Chants tantôt gutturaux tantôt englués dans des reverbs et autres faders. On est sur une autre planéte.
Puis à nouveau une trâme lourde digne de Can, le voyage ne se permet pas de pause, aucune baisse de la garde des six musiciens, ils font le plein de Vodka et autre bières en route comme on ravitaille les gros porteur en vol. Born to Run ! Overkill ! Suivent "Axis of God" "Authority 17" "A" pour finir sur un "Attila Blues" crucifiant de puissance. Un de leur amis s'est joint à eux pour en mettre une couche de plus aux claviers... et puis plus rien ! Le vide stellaire.... avec un relent d'écho et de reverb...
Le public pantelant ne sait pas si il doit partir se coucher, il est 3 heures du mat. ils en veulent encore...
Retour vers les loges, Romain et ses amis ont les yeux fatigués; nous disent que ce concert était leur dernière occasion de jouer la quasi totalité de l'Album "A". puisqu'ils rentrent en studio pour 15 jours dés Mardi prochain pour préparer l'album "B".
Tiens je prendrais bien du saucisson... il y a pas du Perrier ?
Votre serviteur

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