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  Tangerine Dreams plays Edgar Froese [Eindhoven : 13.04.2008]
 
     
 

Les Belles Histoires
de l'Oncle Charles Coursaget...

Merci à lui !

Textes et photos :

Charles-Marc Coursaget

 

charles-marc coursaget et edgar froese

  tangerine dreams plays edgar froese
 

 

.TANGERINE DREAMS PLAYS EDGAR FROESE

Eindhoven aux Pays-Bas, ça vous dit quelque chose ? Vous pensez peut-être au PSV un des plus célèbres club de Football européen ou encore aux usines Philips fleuron économique de la ville. Mais ce 13 avril 2008, l’évènement était dans le cadre du E-Day le premier concert des œuvres solo d’Edgar Froese interprété par lui-même et les membres actuels de Tangerine Dream.

Mais revenons quelques heures arrière. Le matin de ce 13 avril, avec mon fils Johann nous sommes partis très tôt et avons pris au passage en Picardie un sympathique couple Aurélie et Marek qui comme moi sont fans de toutes les périodes de Tangerine Dream. Après avoir écouté de la bonne musique en voiture dont 2 volumes d’« Ambient Highway » d’Edgar froese afin de réviser nos classiques avant le concert, nous sommes arrivés à l’hôtel que j’ai eu un peu de mal à trouver. Plus facile à situer était l’auditorium de l’université dans lequel allait se dérouler le E-Day festival électronique organisé de main de maître par Ron Boots musicien producteur et co-dirigeant de Groove.nl géniale boutique en ligne de musique électronique au catalogue impressionnant. C’est dans la bonne humeur que nous rentrions dans l’enceinte du festival se laissant mettre autour du poignet un bracelet jaune « Tangerine Dream plays Edgar Froese ».
 
Nous avons rencontré au passage Colin fan gallois inconditionnel, Tim et Carmen (de Somerset) déjà rencontrés à Francfort l’an dernier,Gary,Dale,Graham et d’autres fans britanniques dont j’ignore le nom. Les gens étaient venus de toute l’Europe (Hongrie, Pologne, Grèce, Allemagne, Belgique etc..). Un stand de Groove.nl et un autre de Eastgate s’offraient à nous et rendaient nos porte-monnaie bien fébriles. C’était pour moi comme une obligation légale mais oh combien délectable par la suite de me procurer les nouvelles productions TD qui n’étaient commercialisées qu’à compter de ce jour : Views From a Red Train un excellent album plutôt rock qui devait initialement sortir sous le nom d’Edgar Froese , The anthology decade volume 1, un album ressortant des armoires virtuelles du maestro d’anciens morceaux inédits ou proches de titres existants qui contient quelques perles (Boat to China, Silver Pendulum). Il y avait également un maxi « Purple Diluvial » composé de trois longs et magnifiques titres, alors que Groove sortait concomitamment un single contenant un titre d’Edgar Froese et un autre de Ron Boots. Quand je vous disais que c’était dur pour le porte monnaie d’autant plus que je me suis laissé aller à acheter un t-shirt d’Edgar et quelques autres disques électroniques parmi lesquels le dernier disque du néerlandais Gert Emmens dont vous aviez peut-être comme moi eu l’occasion auparavant d’apprécier le talent et qui autographiait en toute simplicité ses œuvres avec femme et enfant.
 
Mais à 15 heures commençait le concert de Ron Boots and friends (parmi lesquels l’autre co-dirigeant de groove.nl, Kees Aerts aux synthés et vocoder), Ron Boots est quelqu’un de très avenant et de plus, talentueux, un des chefs de file de la new Berlin School. Parmi les titres très séquencés qu’il nous a offert,certains étaient issus de son avant-dernier album « Acoustic Shadows » dédié au soldat inconnu illustré par des images noir et blanc de guerre rendant poignante la musique. En fin de concert, Gert emmens viendra en guest star aux synthés. A l’issue de ce premier concert, trois alternatives s’offraient au public : -aller boire un verre en ville,- rester discuter dans le hall et flaner devant les stands de CD, ou enfin se rendre dans une petite salle voir un concert de Remy jeune compositeur de 28 ans. J’ai choisi cette troisième solution et ne fut pas déçu. La musique nous était livrée brute avec un volume raisonnable sans le moindre effet de lumière incitant l’auditeur à écouter religieusement, à ‘instar d’un concert de musique classique à ceci près que Remy interprétait une musique électronique avec quelques touches techno subtiles.
 
Après nous nous sommes installés vers la porte d’entrée de la grande salle dans la file d’attente du concert d’Edgar Froese. Nous sommes rentrés une demi-heure en retard. Etait-ce pour accentuer notre impatience ou plus vraisemblablement pour laisser le temps nécessaire aux installations de matériel et aux répétitions. Une fois installés dans la salle (au deuxième rang en ce qui nous concerne) quelques fans ne contrôlant plus leur impatience criaient EDGAR, avant que le rideau ne s’ouvre.
 
Le concert démarra avec un extrait de la Symphonie du Nouveau M,onde de Dvorack. Comme toujours, Edgar était à gauche aux claviers. Bernhard Beibl à la guitare au centre, Thorsten Quaeschning à droite. Derrière Linda Spa avec un blouson de cuir (comme à la tournée américaine de 1992) et surtout ses instruments à vents et Iris Camaa toujours aussi énergique souriante et talentueuse aux percussions. Une quinzaine de titres solo d’Edgar ont été interprétés. L’émotion était palpable dans la salle lorsque furent interprétés des titres comme « Drunken Mozart in the desert » dans une géniale version, des titres de « Ages », le tubesque « Stuntman », les géniales séquences de Pinnacles. Edgar avait sur sa droite ce qui était peut-être (sous toutes réserves) un mellotron qu’il utilisa dans la géniale « Maroubra Bay ». Pendant un court instant, je pensais aux dizaines de milliers d’ albums vynil d’Epsilon in Malaysian Pale coincés entre un Pink Floyd et un David Bowie dans des greniers des quatre coins du monde et moi qui faisait partie des privilégiés à pouvoir bénéficier de la première interprétation « live » d’une partie majeure de cet album avec Edgar concentré sur ses synthés à quelques mètres de moi, 33 ans après la composition de l’œuvre. De quoi donner la chair de poule. Les titres récents comme Dalinetopia étaient tout autant porteurs d’émotions. Au premier rappel Edgar a pris sa guitare pour le plus grand bonheur des fans et a repris Hamlet, ce titre de 220 Volt au son délicieusement rétro. Bernhard Beibl a eu des problèmes de branchement de guitares au début et a semblé vivre des grands moments de solitude, même si évidemment le public et le reste du groupe étaient compréhensifs. Mais dès que la guitare marchait il a pu exceller notamment dans les nouveaux titres rock de l’album Views from a Red Train  dont Levithian le dernier titre interprété au troisième rappel possédait une attractivité indéniable sur scène. Derrière les musiciens apparaissaient de superbes images dont certaines étaient signées Edgar Froese lui-même, comme la pochette de Views from a red Train qui tournait sur elle-même.
 
C’est peu de dire que le public était enchanté. Ceux qui comme moi sont restés le plus longtemps dans le hall après le show ont pu profiter d’un quart d’heure de présence du groupe parmi nous. Edgar portait alors un chapeau et se prêtait de bonne grâce aux photos. Thorsten et Bernhard sont très abordables de même qu’Iris et Linda très disponibles avec les fans. Vu l’état de mon anglais (et de mon allemand), je n’ai pu que bredouiller quelques compliments bien maladroits mais sincères. Marek qui est peintre a offert une toile à Bianca visiblement émue.
Nous sommes rentrés à l’hôtel après avoir salué Ron Boots qui avait organisé une journée géniale et raccompagné Alexandre un fan grec très sympa.
 
Ce soir là le PSV Eindhoven avait gagné son match à quelques centaines de mètres de là qui l’emmenait vers le titre de champion 2008 des Pays Bas ; mais pour nous la satisfaction était ailleurs, celle d’avoir vécu une journée dédiée à la musique électronique, historique et inoubliable, quelque part sur la planète Terre.

Onc' Charles

 

 
     
 

Merci de votre attention et de votre passion. À bientôt!

 
   
 
     
   
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