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.MUTING THE NOISE
CD (87'00 - Innervisions - CD O2)
Oui vous avez bien lu 87 minutes sur un même CD !
C'est une excellente façon d'éviter le piratage: Impossible à copier... les Cd à graver ne sont pas assez longs.
Quel plaisir j'ai à écouter cette compilation du ce tout jeune label berlinois de qualité: Innervision.
Il est certain que ce disque serait passé inaperçu si K.S n'avait pas laissé une trace de son passage de plus de 18 minutes dessus...
Je ne peux bien sûr pas m'empêcher de comparer cet album avec la compilation précédemment traitée au dessus, "Dreams of Myspace"
Un monde, un univers même, sépare les deux styles.
Qu'Alpha Lyra et Nightbirds se retrouvent sur "Muting the Noise" aurait été complètement juste et de bon aloi.
Un : les durées des morceaux originaux sont ici respectées. Deux : la qualité de composition, le contexte, l'argumentaire, le propos sont ici synonymes de qualité, de finesse et de travail. Je vous l'accorde tous les goûts sont dans la nature. Ma nature est définitivement axée sur ce genre là ! Les jeunes artistes présents ici sont eux aussi influencés pas Tangerine Dream et Schulze, mais eux ont su en extraire l'infinie pureté, l'expression parfaite de leur démarche plus que leur gros son et la trâme des sequenceurs.
Alpha Lyra et Nightbirds relèvent de cette catégorie.
Mais entrons sans plus tarder dans le vif du sujet qui sera complexe, esthétique et moderne.
La qualité sonore est très bonne. Des réminiscences, des éructations électroniques chères à nos années analogiques. Une balade étrange dans un univers pas plus sombre que celui de l'autre compilation. Mais la profondeur des tonalités et la langueur des thémes sont propices à s'accrocher à une sensation d'isolement plus marquée, plus générale. Je retrouve dans les trois premiers morceaux, d'abord la finesse d'un Vangelis, puis ensuite la répétition d'un Steve Reich et d'une lascivité émouvante d'un "Love on the Real Train" de Tangerine Dream, avec des cordes et des nappes parfaites. Pour le tro!sième morceau de Ame, le théme basé sur trois tons ascendant et descendant, est d'un pouvoir relaxant énorme. Très très dreamien, on pourrait même penser que c'est un plagiat mais de suite la direction est donnée et elle est plus personnelle. Le morceau 4 est un piano très calme, étayé de bruits electroniques, une sorte de ballade répétitive absolument pas mélancolique mais très moderne. Puis un français, Nicolas Chaix qui officie ici sous le nom de I:Cube, nous propose une belle pièce qui tourne parfaitement, toute en tension électrique, avec un gros son de distortion. Il est dans l'écurie du label français Versatile, comme Zombie Zombie !
Sur cet album on retrouve egalement des artistes japonnais comme ce Tokyo Black Star. Très frais, très électronique aussi, effervescent et haut, très haut perché comme le faisait Mike Oldfield au debut '70 avec son Hergest Bridge.
En plage 7 nous voici dans du beaucoup plus étrange, plus sombre, petits bruits samplés de portes de cave, et une électronique épurée pour un titre évocateur, Life after Death. Terre Thaemlitz à la plage 8 distille quant à lui une génial gestion du son avec un frottement assez jazzy d'une caisse claire et l'arrivée lente d'une séquence puis d'un théme grave et cinématographique tout en suggestion d'un son de minimoog plaintif et lointain...
Le morceaux 9 est celui que j'aime le moins, avec une voix feminine, de l'harmonium et de la clarinette. contrebasse et jeux de cords frottées, tout ce que je n'aime pas !
Pour l'avant dernier, le 10, qui est à mon gout très insipide, de la musique d'ascenseur... en panne.
Puis passons à Klaus Schulze. Invisible Music, quel beau titre, qui aurait pu aller sur tant de morceaux du solitaire de Oldau. Imaginez 18 minutes, la durée d'une face de vinyl.
Évolution douce d'une ambiance totalement Schulzienne, nappe pleine et tenue, ambiance, sons, timbres... puis évolution de cette masse ondulente et harmonieuse vers des rythmes séquencés, intervention lointaine d'une voix féminine étrange. Le son grossit, s'étoffe, le côté percussif augmente... Intervention d'un fond vocal masculin indéfinissable et étrange... Nous sommes dans la tranquilité et la maturité d'un Euro Caravan de son dernier album, Kontinuum. Puis intervention encore plus lointaine d'une voix de ténor comme dans Dosburg Online ou Tottentag, mais alors très très lointaine. La musique occupant complètement tout le premier plan. Violoncelle du plus bel effet et toujours cette divagation de montées et de descentes lentes... très reposant, très calme, très fouillé et riche à la fois...
À noter que le packaging du CD est vraiment beau. Dans un tissu blanc tissé épais immaculé, avec les lettres du titre légèrement renfoncées... il est sublime et surprenant...
Nous avions eu recemment un CD dans lequel K.S avait aussi fait un morceau (Sehnsucht de Schiller - n°1 des ventes en allemagne) mais tout ce qui se trouvait être autour de son morceau est vraiment de la mauvaise daube ! Là on peut acheter l'album pour les dix huit minutes de Schulze tout en appréciant le reste du disque.
C'est vraiment pour moi de bien belles découvertes.
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