cosmiccagibi
 
 
.l'aventure Rubycon! Tout commence... page 1 / 2  
 
 
rubycon 01

Vol. 1 - Janv. 94
32 p., 50 ex.

Tangerine Dream 1
Olivier Briand
K.S. Silver Edition
Arlo Guthrie

Collages, coquilles, caractères fous...
Du vrai fanzinat!

rubycon 02

Vol. 2 - Avril 94
36 p., 60 ex.

Tangerine Dream 2
Bertrand Loreau
Neil Young

Expérimental, disons.
Il fait mal à la tête,
mais quand on aime...

rubycon 3/4

Vol. 3/4 - Sept. 94
48 p., 70 ex.

K. Schulze int.
Tim Blake int.
Pink Floyd dos.

Le style se peaufine...
Premières interviews
pleines d'émotions.
Numéro culte!

rubycon 5

Vol. 5 - Janv. 95
28 p., 90 ex.

Paul Savannet int.
David Sylvain dos.
Nico
Le Prisonnier

Moins de coquilles
et de plus en plus
de talents découverts.

rubycon 6

Vol. 6 - Avril 95
28 p., 100 ex.

Tangerine Dream 3
Christian Richet int.
Claude Chemin int.
Magma
Steve Roach

Des petits bijoux
bien de chez nous...

rubycon 7

Vol. 7 - Juil. 95
28 p., 200 ex.

Christian Descamps
(Ange) int.
Mike Oldfield dos.
Amon Düll II

Épuisé en un temps record! Les fous d'Ange ont tout piqué...

rubycon 8

Vol. 8 - Oct. 95
28 p., 70 ex.

Richard Pinhas
(Heldon)
N° spécial int. + dos.
CAN
Pierre Schaeffer

Interview de choc
pour musiciens “chic”...

     
  rubycon  
     
  Hormis le fait que ce fanzine portait alors le nom d'un album phare des années 70, dans la mouvance “musique planante”, cette succesion de photocopies recelait une autre signification.
“Franchir le Rubicon” désigne le fait de prendre une décision d'insubordination, comme l'a fait Jules César en 49 av. J.C en traversant, sans l'autorisation du Sénat,
cette rivière séparant l'Italie de la Gaule.
Nous allions lancer notre fanzine dans un marasme culturel insipide et auto-contrôlé par des medias “vendus” à la solde des consommateurs hébêtés...
 
  par Olivier Bégué  
  Ce fanzine n'aurait jamais existé sans la passion!  
  Une passion de partage qui m'animait alors, comme un relais à passer aux générations futures. Avant que cette pseudo culture n'ait ma peau... j'avais écouté Madonna...
Depuis 1974, alors que je venais de découvrir une infime partie de l'univers musical de Schulze (> néosphères), lors d'une pièce de théâtre allemande à Téhéran (oui, oui !), j'ai toujours été fidèle à mon premier amour (avec des petites escapades et autres tentations volages diverses, certes, mais c'était pour mieux entretenir le lien).
Vingt ans plus tard, durant l'automne 93 je passais une grande partie de mes après-midi à écrire à un jeune ami: Pascal Lamon. Nous échangions des avis sur cette “musique étrange”. Moi, très heureux d'avoir enfin la possiblilité de partager ma passion avec un autre être humain, je lui prêtais mes CD et lui les écoutait, les analysait, intensément, et nous partagions nos sentiments par le biais de l'écriture. Plus jeune que moi, Pascal avait soif de découvertes et j'alimentais son appêtit vorace, mais si raffiné...
 
  L'idée...  
  C'est alors qu'il eu l'idée de la création du fanzine, jugeant dommage de n'être en fait que la seule personne à profiter de cette “éducation musicale” dont étaient issus ces courriers mutuels enflammés... Aussi mirent-nous en place en quelques jours la structure de ce qui allait devenir Rubycon.
La main mise à la poche, nous allions publier le premier numéro. Mon employeur, l'Éducation Nationale finança (sans le savoir) bon nombre de photocopies. Et Rubycon pu voir le jour en Janvier 1994 sous le line-up Bégué, Lamon et Sylvain Lamothe.
Il existait alors déjà deux belles publications dont nous ignorions l'existence... la très (trop?) sérieuse revue Crystal Lake et le très bon fanzine Oniric (Cyril où es-tu?). Figurez-vous que je vous parle d'une époque où Internet c'était encore de la SF et les portables du Star-Trek...
Il en fut agraffé 50 exemplaires... Numéro 1 au sein duquel nous avions publié notre première interview!
 
  La première fois...  
  C'était la première fois que nous parlions à un musicien de musique électronique. Émotionnel ! Cela peut paraître puéril mais voilà...
Olivier Briand fut parfait pour ce premier exercice. Il venait tout juste de sortir son premier album autoproduit, «Au-delà des Nuages», une bonne chronique en relatait les bienfaits dans les colonnes de Keyboards. Nous avions décidé de se partager la route entre Bordeaux et Nantes, chacun avancerait vers les autres... Nous fîmes alors la connaissance de Bertrand Loreau et de son album «Prière». Nous avions beaucoup gagné ce jour là avec ces rencontres... Nous étions quatre personnes en mesure de parler de la même chose sans s'entendre dire que c'est de la merde... Les adieux furent douloureux, tant nous goûtions à ce plaisir du partage...
Je décidais alors d'aller démarcher des lieux de ventes comme des librairies un peu spécialisées musique et la Fnac. Ces derniers jouèrent la bonne carte, et notre collaboration ne cessa qu'à la mort du fanzine. Il nous fallait trouver des lecteurs, rembourser la mise....
Jamais je n'ai réussi à faire de bénef avec les numéros de Rubycon, j'étais toujours en déficit, pas énorme mais comme à chaque fois des surcoûts surgissaient...
Mais, parallèlement, mon listing allait grossissant.
Pour le deuxième “opus” nous sommes allés en terre nantaise à la découverte du milieu de vie de Bertrand Loreau et Olivier Briand, dans leurs studios respectifs. Nous avons eu la primeur de deux concerts privés que j'ai pris le temps de filmer.
 
  Une intense émotion  
  L'idée faisait son chemin et nous gardions le même line-up pour le deuxième numéro. J'avais débuté un gros dossier sur Tangerine Dream, qui était en quelque sorte le fil rouge de ces deux premiers numéros.
S'il avait fallu que Rubycon cesse à ce moment précis, après deux numéros, peu nous importait en fait. Le dossier du Dream bouclé, cela aurait eu l'avantage d'exister et nous avions pu, Pascal et moi, exprimer nos points de vue; plus révolutionnaires pour lui qui était en mutation, plus posés et nostalgiques pour moi qui avait fait un bout de chemin.
Grand bien nous fasse, le fanzine était encore bien là et il servit de tremplin à nos contacts, de carte de viste. Nous étions considérés comme des “journalistes passionnés”. Et c'est ainsi qu'une page de cette aventure se marqua d'une intense émotion: la rencontre avec Klaus Schulze. À partir de ce jour plus rien ne fut pareil...
Non pas dans la forme mais dans le fond...
Nous faisions toujours nos petits numéros de page découpés un à un puis collés pile poil au milieu, nos montages, nos pages de textes avec plus de six types de caractères différents... Nous cumulions toujours erreurs sur coquilles... J'ai mal au cœur à nous relire, sautant sans répit d'une faute à une autre...
Mais le fond s'en retrouvait boosté. On le serait à moins!
 
  La dimension humaine  
  Du coup, devant tant d'excitation, Sylvain se sentit un peu de trop et surtout pas dans l'énergie. Il décida de quitter le vaisseau sur la pointe des pieds, après le double numéro 3/4. L'année 94 venait de se terminer, et nous étions fort incapables de tenir un numéro trimestriel. Nous devions mettre les bouchées doubles et demandions autour de nous des collaborations pour les articles.
Nous obtenions rapidement une réponse de Dominique Roux qui était alors en scission avec le magazine Crystal Lake. Ayant dix ans de plus que moi, vingt ans de plus que Pascal, ce musico-thérapeuthe étayera notre tout jeune Rubycon. Dominique avait, un peu comme moi, évolué trés jeune dans les sons électroniques. Il amenait avec lui toute une culture musicale classique et une profondeur de ressenti indéniable et majeure. Mais il était aussi capable d'ouvertures vers de nouveaux horizons. Ses articles étaient fournis, éclectiques et renseignés. Rubycon avait recruté la bonne recrue! “The right men in the right place”. Sans parler de la dimension humaine évidemment !
Le belle plume de Dominique Roux adjointe à celle vitriolée de Pascal allait nous rendre la tâche plus facile. J'écrivais un peu moins et m'occupais pas mal des interviews et du relationnnel à tous les plans. Tout ceci nous permit de passer à plus de lecteurs, d'autant que l'interwiew de Klaus nous assurait un certain crédit “journalistique”.
 
     
  1 / 2 - la suite,, vite!...  
     
 
     
   
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